Antécédents et efficacité des stratégies de médiation des conflits: le cas des pPrésidents des commissions mixtes paritaires en France

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Brunel O., Georgescu I., Grima F., Taphanel L. (2018), Relations Industrielles / Industrial Relations, Volume 3, n°3, pp. 461-485.

Le but de cet article est d’identifier les stratégies développées par le médiateur, ainsi que leurs antécédents. S’appuyant sur une enquête quantitative réalisée auprès de 51 présidents de Commission mixte paritaire (PCMP) ayant un rôle de médiateur au niveau des branches professionnelles, cette recherche établit deux résultats.

Premièrement, elle distingue deux stratégies développées par le médiateur : la stratégie d’accompagnement et la stratégie interventionniste. La première permet au médiateur d’amener les parties au conflit à l’accord. La seconde stratégie n’a pas d’effets directs sur la résolution de l’accord. Cependant, nos résultats démontrent l’existence d’un effet indirect de cette stratégie interventionniste. Celle-ci est efficace lorsqu’elle est associée à la stratégie d’accompagnement.

Deuxièmement, l’intervention d’un tiers expert ou d’autorité, soit un suivi de l’activité des parties en dehors de la salle de médiation, facilite la stratégie interventionniste alors que la compétence des parties, notamment un contact régulier avec ces dernières, est lié à la stratégie d’accompagnement. Dépassant les approches descriptives, ce travail propose une meilleure compréhension du comportement du médiateur, une intervention dynamique et complexe lors du processus de médiation.

Cette recherche apparait comme un nouveau point de départ pour comprendre les dynamiques de médiations dans un contexte où le rôle des partenaires sociaux dans la définition de la réglementation sociale s’affirme. Les auteurs suggèrent d’intégrer dans l’analyse des dynamiques de médiation, les facteurs contextuels et personnels liés aux différents acteurs que sont le médiateur, les parties prenantes, ainsi que les tiers extérieurs.

Les limites de ce travail demeurent la taille de son échantillon, ainsi que l’absence de triangulation des sources qui auraient permis d’obtenir une vision plus éclairée de l’action du médiateur. De plus, l’étude ayant été conduite en France, elle n’exclut pas l’existence de biais culturels. C’est pourquoi ce travail ouvre des perspectives multiples de recherches sur le sujet du rôle du médiateur dans les dynamiques de médiations.